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Serge Reeg, miraculé du COVID, défend les évacuations sanitaires
information fournie par Reuters 09/04/2021 à 19:10

par Caroline Pailliez

STRASBOURG, 9 avril (Reuters) - A 56 ans, Serge Reeg se voit comme un miraculé. Plongé dans le coma après avoir contracté une forme très grave du COVID-19 en mars 2020, il a survécu à deux phlébites, une embolie pulmonaire et un malaise cardiaque en une dizaine de jours.

Il s'est réveillé trois semaines plus tard avec 32 kilos de moins, à Nantes, à 900 kilomètres de chez lui.

Serge Reeg, originaire de Marlenheim, en Alsace, fait partie des premiers patients évacués par TGV de la région Grand-Est, pour libérer de la place dans les hôpitaux alors submergés par la première vague de l'épidémie de coronavirus.

Il observe avec un certain recul le débat actuel concernant les évacuations sanitaires, qui sont ralenties par le refus des familles de laisser leurs proches s'éloigner.

"J'ai eu beaucoup de chance de prendre ce train et d'être suivi à Nantes. Chez nous à Strasbourg, il n'y avait plus de place, plus de lits. Le personnel soignant était au bout du rouleau", dit ce père de famille de deux enfants, dirigeant d'une entreprise de peinture.

"Je pense encore aujourd’hui, je ne peux pas le prouver, mais le fait que je sois parti m’a sauvé la vie", ajoute-t-il.

Sa femme, Catherine Reeg, admet qu'elle a été mise devant le fait accompli lorsque les évacuations ont été ordonnées. Elle a néanmoins pris cette décision avec philosophie.

"Je me disais s'il peut partir, autant qu'il le fasse. De toute façon, on ne pouvait pas aller le voir en réanimation. Donc pour nous, ça ne changeait rien", dit-elle.

L'appel quotidien de l'équipe soignante, d'abord à Strasbourg, puis à Nantes, l'aide à faire face à l'angoisse de la situation et réduit symboliquement la distance.

Ses deux enfants de 13 et 15 ans, Romain et Baptiste, s'en souviennent bien. Lorsque c'est l'infirmière qui appelle, c'est bon signe, si c'est le médecin, il y a un problème.

Finalement la bonne nouvelle tombe. Leur père se réveille. Il est paralysé des doigts et des orteils, probablement, d'après lui, en raison d'une surdose de médicament. Mais après cinq semaines de rééducation à Nantes, il parvient à marcher correctement. Ses doigts retrouvent leur mobilité au bout de six mois.

Serge Reed ne se rappelle pas grand-chose de son coma, si ce n'est cette "fameuse" lumière au bout du tunnel. Mais il a senti que ce n'était pas son heure et a fait demi-tour. Il apprendra par les soignants qu'il s'est débattu à plusieurs reprises pour arracher son appareillage.

"Je pense encore que c'est moi qui ai décidé de vivre", dit-il.

(Caroline Pailliez, édité par Jean-Michel Belot)

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